Vous avez réservé un vol « non remboursable » et vous découvrez qu’un imprévu vous empêche de partir ? Contrairement aux idées reçues, il existe plusieurs leviers – légaux, contractuels et pratiques – pour récupérer tout ou partie du prix de votre billet d’avion. Cette fiche complète vous guide étape par étape pour savoir dans quels cas vous pouvez obtenir un remboursement, comment formuler votre demande, et quelles alternatives utiliser si la compagnie refuse.
Comprendre ce que signifie vraiment « billet d’avion non remboursable »
La mention « non remboursable » ne veut pas dire que vous n’avez aucun droit, mais que vos possibilités sont encadrées et souvent mal expliquées. En comprenant la différence entre remboursement, avoir, modification et indemnisation, vous saurez précisément ce que vous pouvez réclamer à la compagnie aérienne. Cette base vous évitera de renoncer trop vite à de l’argent auquel vous pourriez légitimement prétendre.
Comment fonctionne un billet non remboursable selon les compagnies aériennes
Un billet non remboursable est avant tout une restriction commerciale fixée par la compagnie pour proposer des tarifs attractifs. En échange d’un prix réduit, vous acceptez de renoncer à la possibilité d’être remboursé en cas d’annulation volontaire. Chaque transporteur – qu’il s’agisse d’Air France, Ryanair, EasyJet ou Emirates – définit ses propres règles dans ses conditions générales de vente.
Ces conditions précisent généralement les frais applicables en cas de modification, les délais pour demander un remboursement des taxes, et les circonstances exceptionnelles éventuellement prises en compte. Vous trouverez ces informations sur votre confirmation de réservation, dans votre espace client en ligne, ou sur le site officiel de la compagnie. Prenez le temps de les lire attentivement avant toute démarche, car elles constituent la base contractuelle de vos droits.
Différencier remboursement du billet, taxes aériennes et indemnisation européenne
Trois notions distinctes coexistent et sont souvent confondues. Le remboursement du billet concerne le prix du transport lui-même, celui que vous avez payé pour voyager. Les taxes et redevances aéroportuaires représentent un poste séparé : taxe de sécurité, redevance passager, taxe de solidarité. Ces montants sont collectés par la compagnie pour le compte des autorités et peuvent être récupérables même sur un billet non remboursable, moyennant parfois des frais de dossier.
L’indemnisation européenne, prévue par le règlement CE 261/2004, concerne uniquement les vols retardés, annulés ou en surbooking du fait de la compagnie. Cette compensation forfaitaire (de 250 à 600 euros selon la distance) s’applique quel que soit le type de billet acheté. Elle ne dépend donc pas du caractère remboursable ou non de votre tarif, mais de la responsabilité du transporteur dans le dysfonctionnement.
Dans quels cas un billet non remboursable peut malgré tout être remboursé
Plusieurs situations ouvrent des droits spécifiques, même sur un tarif restrictif. Si la compagnie annule votre vol ou modifie massivement l’horaire (plus de trois heures de décalage par exemple), elle doit généralement vous proposer un remboursement intégral, conformément à la réglementation européenne ou aux lois locales applicables.
Des circonstances personnelles graves – décès d’un proche, hospitalisation, problème médical majeur – peuvent aussi être prises en compte, soit par votre assurance voyage, soit à titre commercial par la compagnie elle-même. Certains transporteurs prévoient explicitement ces cas dans leurs conditions tarifaires. Il est donc essentiel de croiser vos droits légaux, les règles contractuelles de la compagnie et vos garanties d’assurance pour évaluer vos véritables possibilités de récupérer votre argent.
Identifier les cas où le remboursement est possible malgré le « non remboursable »

Même si la compagnie affiche un refus de principe, plusieurs cas prévus par la loi ou par le contrat peuvent vous permettre d’obtenir un remboursement. En passant en revue les situations les plus fréquentes, vous saurez immédiatement si votre cas entre dans une catégorie où vous pouvez légitimement insister. Vous pourrez alors préparer une demande structurée, en citant les bons textes et les bons arguments.
Peut-on récupérer son argent si la compagnie annule ou modifie le vol
Lorsque la compagnie annule le vol, la réglementation européenne l’oblige à vous proposer le choix entre un réacheminement vers votre destination finale et un remboursement intégral du billet sous sept jours. Ce droit s’applique même si vous aviez acheté un tarif non remboursable. La nature du tarif concerne uniquement les annulations à votre initiative, pas celles de la compagnie.
Une modification importante d’horaire peut aussi justifier un remboursement. Si votre vol de 10h00 est décalé à 18h00 et que cela rend votre voyage inutile – arrivée trop tardive pour une réunion, correspondance manquée – vous pouvez invoquer un changement substantiel des conditions contractuelles. La définition exacte varie selon les compagnies, mais un décalage de plus de trois heures est généralement considéré comme significatif. Dans votre demande, citez explicitement l’article 8 du règlement CE 261/2004 pour renforcer votre argumentation.
Maladie, décès, cas de force majeure : comment faire jouer ces circonstances
En cas de maladie grave nécessitant une hospitalisation ou un décès dans votre famille proche, certaines compagnies acceptent d’assouplir leurs règles. Cette démarche relève davantage du geste commercial que d’une obligation légale stricte, sauf si votre tarif prévoit explicitement ces situations.
Pour maximiser vos chances, préparez des justificatifs solides : certificat médical détaillé mentionnant l’impossibilité de voyager, acte de décès, certificat d’hospitalisation. Contactez rapidement le service client en expliquant votre situation de façon factuelle et respectueuse, sans dramatiser excessivement. Précisez que vous êtes disposé à accepter un avoir ou un report si le remboursement total n’est pas envisageable. Les compagnies comme Lufthansa, Air France ou KLM ont parfois des procédures spécifiques pour ces cas exceptionnels.
Attention : si vous disposez d’une assurance annulation (souscrite séparément ou incluse dans votre carte bancaire), c’est elle qui doit prioritairement prendre en charge cette situation, pas la compagnie aérienne. Vérifiez donc d’abord vos garanties d’assurance avant de solliciter le transporteur.
Rembourser au moins les taxes d’un billet d’avion non utilisé
Même lorsque le prix du billet lui-même reste non remboursable, les taxes et redevances aéroportuaires constituent un poste distinct récupérable dans la plupart des cas. Ces montants représentent souvent entre 20 et 150 euros selon la destination, voire davantage sur les vols long-courriers vers l’Asie ou les États-Unis.
La procédure consiste généralement à remplir un formulaire en ligne disponible sur le site de la compagnie, dans une rubrique souvent intitulée « Demande de remboursement des taxes ». Vous devrez fournir votre numéro de réservation, les détails du vol non utilisé, et parfois une copie de votre billet électronique. Les compagnies retiennent généralement des frais de dossier (entre 15 et 50 euros) avant de vous reverser le solde.
Cette démarche peut être effectuée jusqu’à un an après la date du vol initial, mais il est recommandé de la lancer rapidement. Pour un vol Paris-New York, vous pouvez ainsi récupérer environ 80 à 120 euros net, ce qui limite considérablement votre perte financière.
Stratégies concrètes pour se faire rembourser un billet d’avion non remboursable
Une fois vos droits identifiés, le succès de votre demande dépend beaucoup de la façon dont vous la présentez et des canaux que vous utilisez. En structurant votre argumentaire, en préparant vos pièces justificatives et en sachant à qui parler, vous augmentez nettement vos chances d’obtenir un remboursement ou au moins une solution avantageuse.
Comment formuler une demande de remboursement claire, argumentée et recevable
Commencez votre demande par les éléments administratifs essentiels : numéro de réservation (ou PNR), nom du passager, dates et trajet du vol, référence du billet électronique. Cette précision facilite le traitement de votre dossier et montre votre sérieux.
Exposez ensuite brièvement le motif de votre demande en utilisant un ton factuel et courtois. Si vous invoquez une annulation de la compagnie, citez l’article 8 du règlement CE 261/2004. Pour un cas médical, mentionnez que vous joignez les justificatifs nécessaires. Terminez en indiquant clairement ce que vous sollicitez : remboursement intégral, remboursement des taxes uniquement, avoir valable deux ans, ou report du voyage sans frais.
Joignez systématiquement vos pièces justificatives en pièce jointe : certificat médical, notification d’annulation reçue de la compagnie, preuve d’achat, conditions tarifaires applicables. Plus votre dossier est complet, moins la compagnie aura de motifs pour rejeter votre demande ou vous demander des compléments qui retarderaient le traitement.
À qui s’adresser en priorité : compagnie, agence en ligne, assurance voyage
Si vous avez réservé via une agence en ligne comme Opodo, eDreams ou Booking, c’est votre premier interlocuteur contractuel. Ces plateformes disposent généralement d’un service client dédié et doivent traiter votre demande avant de la transmettre éventuellement à la compagnie. Conservez toutes vos communications écrites pour pouvoir prouver vos démarches.
Pour un billet acheté directement auprès de la compagnie aérienne, utilisez ses canaux officiels : formulaire de contact sur le site web, chat en ligne, numéro de téléphone du service client. Les réseaux sociaux (Twitter, Facebook) peuvent aussi être efficaces pour obtenir une réponse rapide, car les compagnies y sont particulièrement attentives à leur image publique.
Parallèlement, vérifiez vos garanties d’assurance : assurance annulation souscrite lors de la réservation, garanties de votre carte bancaire (Visa Premier, Mastercard Gold, American Express), assurance multirisque habitation qui couvre parfois les voyages. Certaines situations (maladie, accident, événement familial grave) relèvent prioritairement de ces assurances, avec des plafonds d’indemnisation souvent plus avantageux que ce que propose la compagnie.
Quand et comment escalader un refus vers une médiation ou un recours juridique
Si la compagnie refuse votre demande et que vous estimez ce refus injustifié au regard de la réglementation, vous pouvez escalader votre réclamation. Commencez par demander une réponse écrite détaillant les motifs du refus, en sollicitant explicitement le service réclamations ou contentieux de la compagnie. Cette étape formelle est souvent nécessaire avant de saisir un médiateur.
En France, vous pouvez ensuite contacter le Médiateur du Tourisme et du Voyage, un service gratuit qui examine les litiges entre voyageurs et professionnels. Pour les vols au départ ou à destination de l’Union européenne, les Centres Européens des Consommateurs (CEC) peuvent aussi vous assister dans vos démarches transfrontalières. La DGAC (Direction Générale de l’Aviation Civile) intervient spécifiquement sur les questions liées au règlement européen 261/2004.
Le recours judiciaire reste une option de dernier ressort, généralement pertinente si le montant du billet dépasse 1000 euros. Vous pouvez saisir le tribunal de proximité ou d’instance compétent, en vous appuyant sur la réglementation européenne ou le droit de la consommation français. Dans certains cas, des associations de consommateurs ou des avocats spécialisés en droit aérien peuvent vous accompagner, parfois dans le cadre d’une action collective si le problème concerne de nombreux passagers.
Alternatives au remboursement pour limiter la perte sur un billet non remboursable

Lorsque le remboursement intégral n’est pas possible, il reste des moyens de réduire significativement votre perte financière. Modifier le billet, obtenir un avoir, utiliser une assurance ou revendre le vol dans certains cas peut s’avérer plus rentable qu’un simple abandon. L’objectif est de transformer un billet « perdu » en solution de repli utile pour vos prochains voyages.
Faut-il privilégier un avoir, un report de vol ou un changement de date
Les compagnies proposent souvent un avoir ou un report de vol plutôt qu’un remboursement immédiat, surtout depuis la crise sanitaire de 2020. Un avoir est un crédit utilisable pour de futures réservations, généralement valable entre 12 et 24 mois. Le report de vol consiste à déplacer votre voyage vers une nouvelle date, moyennant parfois des frais de modification et une différence tarifaire si le prix a augmenté.
Avant d’accepter, vérifiez plusieurs points clés : la durée de validité de l’avoir, la possibilité de l’utiliser pour d’autres passagers ou destinations, les restrictions de période (haute saison exclue par exemple), et les éventuels frais de dossier. Si vous voyagez régulièrement avec cette compagnie, un avoir flexible de 400 euros valable deux ans peut finalement être plus intéressant qu’un remboursement partiel de 250 euros après déduction de pénalités.
Pour un report de vol, calculez précisément le coût total : frais de modification (souvent entre 50 et 150 euros par passager) plus différence tarifaire. Si le nouveau vol coûte 100 euros de plus et que les frais de modification sont de 75 euros, vous devrez débourser 175 euros supplémentaires, ce qui peut être dissuasif selon votre budget et vos projets de voyage.
Comment utiliser assurance voyage et carte bancaire pour limiter la perte
De nombreuses assurances annulation couvrent les empêchements de voyager liés à la santé (maladie grave, accident, hospitalisation), au travail (licenciement économique, mutation professionnelle), ou à des événements familiaux graves (décès d’un proche, sinistre au domicile). Les conditions exactes varient selon les contrats, mais le remboursement peut atteindre 100% du prix du billet après déduction d’une franchise modeste.
Les cartes bancaires haut de gamme incluent souvent des garanties méconnues. Une Visa Premier ou Mastercard Gold couvre généralement l’annulation de voyage jusqu’à 5000 euros par an et par personne, à condition d’avoir payé le billet avec cette carte. Les cartes American Express Platinum offrent des plafonds encore plus élevés. Consultez le guide des assurances fourni par votre banque ou contactez l’assureur partenaire mentionné sur votre contrat.
Pour activer ces garanties, respectez scrupuleusement les délais de déclaration (généralement sous 5 jours après l’événement) et rassemblez tous les justificatifs demandés : certificat médical, preuve d’achat du billet, conditions tarifaires, justificatif de l’événement empêchant le voyage. Un dossier complet et transmis rapidement maximise vos chances d’obtenir une indemnisation rapide.
Revendre son billet d’avion ou changer de nom est-il vraiment envisageable
La plupart des billets d’avion sont nominatifs et non cessibles : vous ne pouvez pas légalement les transférer à une autre personne. Toutefois, certaines compagnies – notamment sur les vols low-cost comme Ryanair ou EasyJet – autorisent un changement de nom moyennant des frais parfois élevés (entre 50 et 150 euros). Cette option transforme votre billet en un produit indirectement « revendable » à un proche ou via des plateformes spécialisées.
Avant toute tentative, vérifiez explicitement les conditions de votre billet dans votre espace client. Si le changement de nom est autorisé, vous pouvez proposer votre vol à votre entourage ou sur des forums de voyageurs, en restant transparent sur les frais applicables. Le futur passager devra simplement payer les frais de modification, et vous récupérez ainsi une partie de votre mise initiale.
Attention : toute tentative de revente sans changement officiel du nom (en donnant simplement vos identifiants de réservation à quelqu’un d’autre) est strictement interdite et peut entraîner l’annulation pure et simple du billet au moment du contrôle d’identité à l’aéroport. Les compagnies sont de plus en plus vigilantes sur ce point, notamment pour des raisons de sécurité et de contrôle des passagers.
En définitive, obtenir le remboursement d’un billet d’avion non remboursable n’est pas impossible, à condition de bien connaître vos droits et de structurer méthodiquement votre démarche. Que vous invoquiez une annulation par la compagnie, une circonstance personnelle grave, ou que vous optiez pour une alternative comme un avoir ou l’activation d’une assurance, chaque situation offre des leviers spécifiques. L’essentiel est de ne pas renoncer immédiatement face à la mention « non remboursable », mais d’analyser calmement vos options contractuelles, légales et assurantielles pour récupérer tout ou partie de votre investissement.
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